Archives pour la catégorie Le pape François

Rien ne change chez nos évêques.

Nous apprenons aujourd’hui que nos évêques, que ce soit à la CECC ou à l’Assemblée des évêques du Québec, n’ont pas l’intention de rendre public la synthèse du sondage demandé par le pape François, contrairement aux évêques de plusieurs pays. Dans le passé les évêques du Québec n’ont pas été capables de représenter vraiment le point de vue de leurs fidèles lorsqu’ils étaient appelés à faire rapport à Rome sur l’état de la situation de la pratique religieuse et de la foi au Québec. Ils agissent comme s’ils étaient les seuls à bénéficier de l’inspiration de l’Esprit, ce qui est théologiquement faux. Et ce, malgré des mémoires très bien documentés qui leur étaient soumis. Je me souviens notamment d’un mémoire présenté par la conférence religieuse canadienne qui exprimait des constatations et des souhaits provenant de la très grande majorité des religieux à partir de leur expérience pastorale et qui a été rejeté du revers de la main. Peut-on douter que ces religieux aient été inspirés de l’Esprit dans leur démarche. Le passé peut donc nous faire douter sérieusement de la représentativité de la synthèse envoyée à Rome.
Lors de sa nomination au cardinalat, l’évêque de Québec, Gérald-Cyprien Lacroix, posait la question à savoir si les évêques étaient capables de suivre le pape François dans sa façon d’exercer le ministère épiscopal. Si on se fie à ce que nous observons depuis un an, nous devons constater que peu de choses ont changé dans l’Église du Québec. La réponse s’avère plutôt négative. Si nos évêques ne sont pas capables de suivre le pape François, peut-être devraient-ils suivre l’exemple de Benoît XVI!
Nos évêques sont habitués de s’entourer de personnes qui les approuvent sans poser de question et ont beaucoup de difficultés à entrer en dialogue avec des croyants qui ont une pensée critique bien articulée. Le dernier exemple est leur prise de position sur le projet de loi 52 sur les soins de fin de vie. S’ils avaient vraiment consulté un tant soit peu largement leurs fidèles, ils auraient probablement constaté qu’encore sur ce point leur position n’est pas si partagée que cela par un bon nombre. Car il est loin d’être évident que le contenu de ce projet de loi va à l’encontre de l’évangile. Dans le domaine moral il n’y a pas de vérité absolue et c’est à chacun de porter un jugement pratique sur la valeur de son choix.
Nous sommes en 2014. Deux choses devraient être évidentes pour quiconque n’est pas déconnecté de la réalité: la première est que nos contemporains ne veulent plus se faire imposer leur choix dans le domaine moral; la deuxième, c’est qu’ils exigent de plus en plus de leurs dirigeants, dans tous les domaines, beaucoup plus de transparence que par le passé. Nos évêques n’ont pas encore compris. Ils ne pourront pas empêcher au niveau mondial, à l’ère des médias sociaux, que les divergences de points de vue de beaucoup de croyants soient étalés sur la place publique. Leur refus de transparence aura été inutile et n’aura servi qu’à augmenter davantage leur perte de crédibilité.

Michel Cantin.

On répète les mêmes erreurs.

L’assemblée des évêques du Québec vient de condamner le projet de loi sur l’aide médicale à mourir. Cette prise de position m’amène à me poser plusieurs questions.

La première : Au nom de qui parlent-ils? Une majorité de la population est en faveur de ce projet de loi et je pense qu’il y a de nombreux croyants qui peuvent se prononcer en faveur sans renier leur foi en Jésus.
Le pape François dans une récente entrevue accordée à un confrère jésuite, le père Spadaro, nous met en garde contre le danger de se prononcer sur des problèmes sociaux en laboratoire. Il préfère le point de vue de ceux qui sont à la frontière à savoir ceux qui vivent les situations. Je ne crois pas que ce soit le cas des évêques. Par contre je connais de nombreux prêtres et de plus nombreux laïcs qui fréquentent régulièrement des CHSLD et des hôpitaux et sont confrontés régulièrement à cette problématique de la fin de vie. Étant bénévole depuis 17 ans dans un CHSLD j’en suis et je ne me reconnais pas dans la prise de position de nos évêques. Ceux-ci ont-ils pris la peine de consulter ceux et celles qui sont à la frontière sur cette question? J’en doute fort. Car je pense que la prise de position aurait été différente.

Ma deuxième question : Nos évêques sont-ils conscients que nous vivons dans une société pluraliste? À ce que je sache le projet de loi n’oblige personne à recourir aux mesures prévues en fin de vie. Ceux et celles qui, selon leur conscience ne veulent pas y recourir, ne se verront aucunement obligés de le faire. Ceux et celles qui jugeront préférable de prévoir comment ils veulent que leurs derniers moments se déroulent pourront se prévaloir de cette loi. Et je ne doute pas que de nombreux croyants y auront recours sans pour autant renier leur foi. Voir les choses ainsi s’appelle respecter la liberté de conscience des personnes et cesser de les infantiliser en décidant pour eux sur des questions morales. L’histoire de l’Église catholique au Québec avec ses abus de viol des consciences, dont les femmes ont été les principales victimes, et les conséquences désastreuses qui en résultent aujourd’hui dans les prises de distance de beaucoup par rapport à l’Église devraient conduire à se garder une certaine gêne.

Il n’est pas nécessaire de recourir à la sécularisation et à la modernité pour comprendre la désaffection de beaucoup par rapport à l’Église-institution. Comme le dit l’adage : « Çà va comme c’est mené ». Quand on ne reconnait pas les erreurs du passé, on s’expose à les répéter.

Michel Cantin.

Saura-t-on en tirer les leçons?

Il y a cinquante ans, au concile Vatican II, une grande majorité des évêques étaient favorables à une modification de la position de l’Église sur l’enseignement moral concernant le mariage et la famille. Plus de 2000 évêques, contre à peine une centaine, ont voté pour des modifications. Le pape Paul VI, probablement sous l’influence de la curie, a alors retiré le sujet des délibérations conciliaires et a créé une commission spéciale pour étudier la question. Contre les recommandations de cette commission et passant outre à ces recommandations il publiait en 1968 la célèbre encyclique Humanae Vitae qui s’est avérée une catastrophe pour l’Église. Dans ce débat, le cardinal Ottaviani avait averti que le principe de la responsabilité des parents était incompatible avec la foi catholique! (sic)
Les résultats au sondage commandé par le pape François sur la famille commencent à être rendus publics et viennent corroborer la position des évêques conciliaires: n’est-il pas logique de penser que l’inspiration de l’Esprit était du côté des évêques plutôt que de quelques membres de la curie et que Paul VI a fait une erreur en se rangeant du mauvais côté? C’est du moins ce que beaucoup de personnes pensent à la vue des conséquences de cette décision.
Cette fois une majorité de croyants catholiques se prononcent clairement. Avec leur gros bon sens et forts d’une expérience en la matière que les responsables célibataires de notre Église n’ont pas, ils prennent une position très bien documentée et fondée sur des principes très valables de responsabilité parentale et de liberté de conscience. En théologie on peut parler de «sensus fidei» du peuple de Dieu, car tout croyant bénéficie de l’assistance de l’Esprit lorsqu’il s’efforce de vivre selon l’évangile.
L’avenir nous dira si à Rome et ailleurs dans le monde, dans chaque diocèse, on tirera les leçons qui s’imposent, notamment en cessant d’agir comme si les croyants n’étaient pas eux aussi bénéficiaires de l’inspiration de l’Esprit. Le charisme de l’évêque est le discernement, mais il suppose d’abord une écoute véritable de l’opinion des croyants. L’expérience nous enseigne qu’aller contre une majorité importante de cette opinion s’avère une décision qui risque de manquer de prudence élémentaire. Et que même le pape peut se tromper.

Michel Cantin

Dissocier fécondité et sexualité.

Notre Institution a-t-elle bien saisi la notion ontologique de l`amour humain ? Je précise que j`ai vécu intensément l`amour du couple, avec tant de bonheur sexuel et spirituel (mon mari est malheureusement décédé, mais tout aussi présent différemment), nous avons eu 4 enfants, nous sommes catholiques, pratiquants! Je souhaite être crédible dans mes propos! Dans un couple, sexualité et fécondité sont dissociées, chacune a son rôle, précieux. L`intention de fécondité ne peut, ne doit pas toujours par principe faire suite à l’union charnelle du couple pour qui la relation est avant tout un acte de communion et de construction des deux amoureux; on envisage une vie commune, on se marie parce qu’on s’aime, c`est la première des conditions. Si les circonstance du vécu du couple le permettent la fécondité naturelle vise certes la plupart du temps la venue d’enfants, mais il se peut aussi pour des vocations particulières que la fécondité du couple soit autre…, bâtisseurs d’une autre réalité (termes utilisés par un ami prêtre pour de futures unions) : les arts, le don de soi en causes humanitaires…à chacun d’y réfléchir, en fonction de ses dons, en conscience libre. ..Y a-t-il alors déviation dans la relation amoureuse? Je ne le crois pas, je n`ai pas le droit de conclure, de juger. Le véritable amour du couple est, je me répète, la communion de deux êtres, corps et âmes. Chaque couple essaie d’y tendre. Le Cantique des Cantiques en est la merveilleuse image si charnelle, si spirituelle; ce cantique n’aborde pas la question, ni le désir de l’enfant. Je pense vraiment que la notion de plénitude ontologique de l’amour humain n`a pas été bien intégrée par notre institution (ceux qui ont établi des normes, des concepts, des conclusions tranchantes correspondant parfois à une nécessité du moment, des verdicts : on se marie pour avoir des enfants, là était l’ordre établi! ..L’amour du couple? Il viendra?…ce n`est pas l`essentiel!! ) . Certains grands croyants aux charismes pourtant exceptionnels dans d`autres domaines, n`ont pas saisi son ampleur, tel par exemple : Saint Augustin, Charles de Foucauld, la famille Martin, parents de Ste Thérèse, Louis Massignon,…alors que ce fut l’inverse pour d`autres : Jean de la Croix ayant l`exemple de parents très amoureux, Bernanos, Teilhard de Chardin, Claude Geffré (ces deux derniers, religieux restés fidèles à leur célibat, c`était leur vocation).
Je vous ai livré dans ces lignes des réflexions personnelles des plus sincères, elles se basent sur un vécu authentique. La pensée, la conviction de notre Institution (je ne dis pas Église) est-elle statique? Depuis des décennies, le problème de la relation entre la fécondité et la sexualité n`a pas été repensé dans toute son ambigüité, sa complexité; seuls les interdits demeurent officiellement, que de ravages. Notre Institution acceptera-elle de prendre des risques? Alors que notre Pape François nous dit «  Il vaut mieux une Église accidentée qu’une Église statique «  J`y crois totalement et nous sommes nombreux à y adhérer.
Merci vivement pour votre attention, croyez à toute ma considération.
Michelle Poirel
Montréal

L’Accueil des divorcés dans l’Église

Je suis touchée aux larmes par la compréhension manifestée dans le rapport du sondage fait par LE PARVIS et je veux vous en remercier et partager ici ce qui me fait souffrir.
J’ai été très attristée, voire choquée par l’attitude apparemment froide, désincarnée, qui ressortait des mots utilisés dans un article par Mgr. Muller : «  les divorcés remariés font eux-mêmes obstacle à leur admission à l`Eucharistie…leur état de vie est contraire à ce lien d’amour entre le Christ et l’Église… » Très souvent un couple n’a d’autre solution que la séparation, afin de pouvoir survivre sans aggraver l’insupportable; elle est un drame existentiel, la santé physique, psychique, spirituelle peut être démolie! Le soutien est alors indispensable, (famille, amis, Église, soins médicaux….), sans jugement, sans interdit brutal; il peut s’agir de question de survie…et parfois la rencontre d’un autre ou d’une autre peut être la réponse, le désir de recréer des liens, de revivre tout simplement…de sortir de l`enfer. Une autre phrase m`inquiète : «  laisser ces personnes accéder à l`Eucharistie risquerait de créer la confusion parmi les fidèles…« . Confusion : elle existe déjà dans notre Église : incompréhension parfois foncière de ce drame qu’est très souvent un divorce…refus de beaucoup de catholiques de ce manque de compassion, du légalisme des décisions de l’Église, de l’Institution. Certes, il nous est alors suggéré les procédures de nullité du 1er mariage; ce serait idéal théoriquement mais souvent dans le déchirement du couple la haine s’est établie et aborder la solution d’annulation est impossible, voire irréalisable; on est deux dans le couple. L`un des deux peut continuer à vouloir détruire l’autre , l’enfer qui s’est créé peut s’aggraver. Que notre Église, je dirais notre Institution, prenne conscience du fossé qui parfois existe entre l`idéal proposé merveilleux et la réalité. Je sais par expérience ce qu’est cette merveille de vie de couple, je l’ai vécue avec tant de bonheur, dans la transparence spirituelle et charnelle totale, ( je précise que nous sommes chrétiens, catholiques et pratiquants); c’est une grâce, un charisme, qui n`est pas donné à tous; nous avons eu 4 enfants; mon mari est malheureusement décédé, mais aussi toujours présent. Je puis donc concrètement saisir, grâce à mon vécu, ce qu’est l’inverse d’une« réussite «  de couple, terme parfois galvaudé. Ce problème donne parfois l`impression d`être traité trop théoriquement, sans une véritable humanité, humanité d`un cœur réaliste, sans assez de compréhension de ce que peuvent être certaines réalités de séparation. Ils appliquent « LA LOI «  avec froideur! Je conclurai par une note d`espérance : un article d’un autre évêque me rassure un peu : `Le Préfet de la congrégation pour la doctrine de la foi ne peut pas mettre un terme à la discussion« . Heureusement!! Il y a tant à repenser si notre Église veut accepter de se remettre parfois foncièrement en question. Comme l’écrit notre Pape si courageusement «  mieux vaut une Église ACCIDENTÉE QU`UNE ÉGLISE STATIQUE. J’ajouterai : « une Église qui peut faire fuir « !
Merci pour votre attention, avec toute ma considération,
Michelle Poirel
Montréal

Réponse du Parvis au sondage demandé par le pape François.

Le Parvis de Québec a réuni plusieurs personnes qui se sentaient concernées par certaines questions du sondage sur la famille demandé par le pape François. Vous pouvez trouver sur notre site http://www.parvisquebec.com/
le document de réponse qui a été envoyé au diocèse de Québec, avec la lettre de présentation adressée à Mgr Gérald-Cyprien Lacroix.

Après avoir pris connaissance de la position du Parvis, si vous voulez faire connaître vos commentaires sur la position du Parvis, cliquez sur «réponse». S’afficheront alors les commentaires déjà reçus. Pour ajouter votre commentaire allez dans le rectangle tout au bas de la page.

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Michel Cantin

Çà va comme c’est mené.

Le service de presse de Radio Ville-Marie rapportait dernièrement des propos de l’évêque de Gatineau et président de la CECC, M. Paul-André Durocher, prononcés le 19 novembre au Mexique à l’occasion d’une rencontre continentale sur la mission et la nouvelle évangélisation qui réunissait 70 évêques et cardinaux d’Amérique du Nord. Il y décrivait un portrait sombre de l’Église du Québec, déplorant le soutien populaire à des lois qui autoriseraient l’euthanasie et excluraient la religion de la sphère publique; de même a-t-il dit « l’Église est exclue de nos écoles».
Un vieux dicton dit que « cela va comme c’est mené ». Une fois de plus nous sommes en face d’un discours qui jette la responsabilité de la désaffection des fidèles sur les autres ou sur des facteurs que nous ne contrôlons pas. Les autorités de notre Église sont incapables de reconnaître leur responsabilité dans la situation actuelle. Cette responsabilité n’est pas minime: il n’y a qu’à penser au viol des consciences que la plupart des clercs ont commis surtout à l’endroit des femmes, à la non écoute des évêques pour les suggestions que l’ensemble des communautés religieuses leur ont adressées il y a quelques années de même que beaucoup de théologiens. Et l’énumération pourrait continuer. Nous n’avons pas de pouvoir sur ce que les autres décident et font. Nous n’avons de pouvoir que sur les choix que nous pouvons faire. Mais si nous sommes incapables de reconnaître nos erreurs, comment pouvons nous les corriger? C’est un point de départ obligé.
L’une des causes de la situation de notre Église au Québec, à mon avis, s’explique par le fait que nos dirigeants sont déconnectés de la réalité et pas suffisamment branchés sur l’évangile.
Le pape François, il me semble, indique clairement la voie de l’avenir: sortir pour aller vers les périphéries existentielles plutôt que d’essayer de ramener les gens dans nos églises et avoir une attitude plus évangélique d’accueil et de compassion. La réaction positive mondiale à ses paroles et gestes devraient montrer clairement qu’il a raison. Mais au Québec, on a l’impression que nos évêques n’ont pas encore pris acte qu’il y a un nouveau pape à Rome. Ou plutôt doit-on y voir une incapacité à marcher sur ses pas? Il est vrai que cela ne s’improvise pas.

Michel Cantin

À Monseigneur Cyprien Lacroix, archevêque de Québec

Par un geste historique, vous venez d’ouvrir la Porte sainte de Québec, une porte matérielle, symbolique. C’est un acquis intéressant pour le tourisme spirituel. Mais c’est aussi un moment de grâce dont il faut profiter. Car les croyants veulent plus : ils veulent devant eux non pas une Porte sainte ouverte, mais une Église diocésaine ouverte. Monseigneur, ouvrez la Porte des sacrements à tous ceux qui ont été marginalisés par l’Église, à qui l’Église a fermé ses portes, souvent par un abus de pouvoir ou par manque de charisme pastoral.

Il faut profiter de l’occasion de l’ouverture de cette porte sainte pour la porte du sacrement du pardon à tous les croyants qui veulent s’approcher de ce sacrement selon une formule prévue au rituel et qui correspond mieux aux croyants du XXIe siècle qui ont compris que l’immense miséricorde de Dieu ne souffrait d’aucune fermeture. Vous savez comme nous que de nombreux croyants ont été heurtés par des pasteurs qui n’en étaient pas et plusieurs attendent toujours de revenir à l’Église quand elle aura renoncé à fermer des portes et à quitter cette période triste de l’Église, celle des interdictions. Le Pape François demande aux évêques de cesser d’interdire. Vous avez le pouvoir d’ouvrir cette porte du sacrement de pénitence avec absolution collective par simple suspension de la lettre du Cardinal Ouellet.

Profitez de ce moment de grâce qui ne reviendra pas. Des milliers de croyants espèrent, d’une espérance légitime, cette conversion de l’Église. Et la Porte sainte fera ainsi entrer beaucoup de joie dans votre Église.

Guy Bédard, du Parvis de Québec.

La droite religieuse accuse le pape de communiste.

Il fallait s’y attendre, la droite religieuse s’attaque au pape, car ce dernier ne lui permet plus d’utiliser la religion pour se donner bonne conscience. Les masques tombent.
En effet le pape par un retour à l’Évangile ne leur laisse pas d’échappatoire: s’ils se prétendent disciples de Jésus ils doivent marcher sur ses pas et entendre le seul commandement qu’il nous ait laissé, à savoir «Tu aimeras ton prochain comme toi-même» ou encore «Fais aux autres ce que tu aimerais qu’ils fassent pour toi.» Jésus n’a jamais accepté que nous remplacions nos devoirs de justice envers nos semblables par des gestes spécifiquement religieux, quels qu’ils soient, croyant plaire à Dieu de cette façon. Dieu a donné la terre à toute l’humanité et sa volonté est que tous aient leur juste part. Quiconque pose des gestes qui vont en sens contraire s’oppose à Dieu.
La réaction de la droite religieuse n’est pas nouvelle. Chaque fois dans le passé que des chrétiens ont pris l’évangile au sérieux, surtout s’ils s’agissaient de personnes en autorité, notamment en Amérique latine, l’accusation de communiste fusait. Nombreux sont ceux qui y ont laissé la vie. Pour l’oligarchie économique et politique aujourd’hui c’est le comble, car c’est le pape lui-même qui prend la part des pauvres de façon que nous n’avions pas vu depuis longtemps.
En 2013 les accusations de marxiste et de communiste du Tea Party font un peu vieillot et dépassé.
On accepte l’assistance aux pauvres, mais non pas que nous questionnions les conséquences des décisions qui engendrent des pauvres par millions. Les pouvoirs politiques et économiques ont toujours cherché à instrumentaliser la religion et à acheter son appui, car ils savent que l’évangile pris au sérieux constitue une menace pour les exploiteurs de toutes sortes. Mais il est impossible d’acheter Dieu. Jésus a été clair: on ne peut servir Dieu et l’Argent. Il faut choisir. Il a aussi prévenu ceux qui se drapent dans la religion tout en exploitant les plus faibles que leur condamnation n’en serait que plus sévère (Lc 20, 46-47;).
Si Jésus n’avait fait que parler de fraternité il ne serait pas mort sur la croix. Si on l’a crucifié, c’est qu’il parlait concrètement. Ce qui est nouveau avec le pape François, c’est que lui aussi parle concrètement.
Les riches devraient remercier le pape François, car il contribue à les libérer de leur illusion.

Michel Cantin

Une porte pour entrer ou une porte pour sortir.

Alors qu’à Québec on inaugure une porte sainte dans l’espoir de faire revenir au temple des fidèles de toute l’Amérique du nord, des médias rapportent que le pape François sort la nuit par la porte de la maison Ste-Marthe où il demeure pour aller à la rencontre des sans abris, habillé en simple prêtre.
Je vous laisse choisir ce qui est le plus évangélique.
On a parlé déjà de la possibilité que le pape vienne à Québec à l’occasion de l’inauguration de la porte sainte. Le dernier geste du pape dit bien que cela était impensable. Lui, il est rendu ailleurs.
À quand des évêques du Québec dans les pas du pape François?

Michel Cantin